Face au retrait-gonflement des argiles (RGA), l’État propose une aide expérimentale depuis fin 2025, destinée à financer études et travaux de prévention chez les particuliers. Mais le dispositif peinait à décoller. Trop de critères, dossiers recalés, expertises jugées trop strictes… Résultat : depuis le 1er mai, plusieurs conditions d’accès viennent d’être assouplies afin de rendre l’aide plus accessible.
Le risque argile n’en finit plus de progresser. Désormais responsable de plus de la moitié des indemnisations du régime CatNat, le retrait-gonflement des argiles s’impose comme l’un des principaux risques climatiques pesant sur le bâti résidentiel. Avec la nouvelle cartographie qui arrive au 1er juillet, six maisons sur dix en France métropolitaine seront désormais concernées. Douze millions d’habitations au total.
Fissures en façade, affaissements de terrain, déformations structurelles… Les sécheresses à répétition mettent les constructions sous tension. Pourtant, des solutions de prévention existent : gestion des eaux pluviales, reprise en sous-œuvre, végétation maîtrisée, stabilisation des sols… Problème : ces interventions restent souvent lourdes et coûteuses pour les propriétaires.
Jusqu’à 80% des travaux financés par l’État
Pour tenter d’enrayer la mécanique avant le sinistre, l’État a donc déployé une expérimentation dans onze départements (*). Le dispositif permet de financer jusqu’à 3.000 euros d’études et prestations d’ingénierie, et jusqu’à 16.000 euros de travaux de prévention. Pour les ménages très modestes, la prise en charge peut atteindre 90 % du montant des études et 80 % des travaux. Une aide loin d’être négligeable à l’heure où certains chantiers de reprise peuvent rapidement dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Mais l’État a fixé des conditions d’éligibilité très strictes : logement occupé en résidence principale, maison construite depuis au moins quinze ans, absence de mitoyenneté, ou encore impossibilité d’avoir déjà bénéficié d’une indemnisation RGA supérieure à 10.000 euros depuis 2015…
Des critères revus pour éviter les dossiers recalés
Face au faible nombre de dossiers validés, le gouvernement a donc décidé de desserrer l’étau. Depuis le 1er mai, les maisons comportant jusqu’à trois niveaux (sous-sol et combles aménagés inclus) peuvent désormais bénéficier de l’aide, contre deux auparavant. Autre évolution notable : dans la phase d’étude préalable, les fissures inférieures à 5 mm ne constituent plus automatiquement un motif d’inéligibilité. Jusqu’ici, le seuil était fixé à seulement 1 mm, un critère jugé particulièrement restrictif par les acteurs de terrain.
Enfin, les conditions permettant aux experts d’intervenir et de juger de la recevabilité des dossiers ont également été assouplies afin d’accélérer le traitement des demandes. Selon Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, environ 2.000 propriétaires ont déjà sollicité l’aide depuis septembre 2025. Mais seuls 218 dossiers avaient finalement été jugés recevables après expertise. Un chiffre révélateur des difficultés initiales du dispositif.
(*) Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne.

