Dans son plan national pour l’électrification dévoilé fin avril, le gouvernement avait annoncé la création de « 100 territoires d’électrification ». Comprendre : des territoires volontaires appelés à devenir des vitrines de la sortie des énergies fossiles. Une circulaire du Premier ministre adressée aux préfets précise désormais les modalités du dispositif et laisse aux collectivités jusqu’au 1er juin pour candidater.
L’objectif est clair : accélérer l’électrification des usages dans les territoires retenus afin de réduire la dépendance au gaz et au fioul. Et les collectivités sélectionnées devront avancer sur trois fronts simultanément : l’électrification des mobilités, de l’industrie et de l’artisanat, mais aussi des bâtiments.
Sortir du gaz et du fioul
Dans le logement, ces territoires pilotes bénéficieront d’un accompagnement renforcé pour favoriser la sortie des énergies fossiles. La circulaire prévoit de mobiliser l’ensemble des dispositifs existants afin d’accélérer les conversions vers des équipements électriques, notamment les pompes à chaleur. « Ces 100 territoires d’électrification démontreront qu’une France sans énergies fossiles est possible et souhaitable », indique le texte.
Les préfets doivent désormais identifier entre 5 et 15 communes ou intercommunalités susceptibles d’intégrer le programme. La sélection reposera notamment sur les politiques locales déjà engagées en faveur de l’électrification, la part des énergies fossiles encore utilisée sur le territoire ou encore le potentiel de bascule vers l’électricité.
Les 100 territoires d’électrification seront désignés durant la première quinzaine de juin par le SGPE (Secrétariat général à la planification écologique), en lien avec les cabinets ministériels concernés. Une feuille de route doit ensuite être signée avec les partenaires locaux courant septembre.
PAC, rénovation et bornes de recharge
La circulaire détaille déjà plusieurs leviers d’action. Dans les territoires retenus, le gouvernement promet notamment de faciliter le financement des pompes à chaleur grâce au dispositif de leasing annoncé au printemps par le Premier ministre. « Chaque chaudière individuelle au gaz ou au fioul fera l’objet d’une proposition rentable de conversion en pompe à chaleur air/eau », précise le document. Entre les subventions et les économies sur la facture énergétique, le gouvernement avait promis un amortissement en trois ans.
Parmi les autres mesures évoquées figurent également : l’accélération des rénovations dans le parc social; le soutien au déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques ; un accompagnement renforcé pour l’électrification des bâtiments publics.
Les territoires retenus bénéficieront d’un accès coordonné à l’ensemble des aides existantes : Fonds vert, Fonds chaleur, programme EduRénov, éco-PLS de la Banque des Territoires, réseau France Rénov’ ou encore leasing social pour les pompes à chaleur.

