Le gouvernement confirme le cap : sortir des énergies fossiles dans le logement en misant massivement sur la pompe à chaleur. Objectif affiché par le plan électrification : un million d’installations par an d’ici 2030. Pour soutenir cet effort sans alourdir le reste à charge des ménages, l’exécutif prépare un nouveau dispositif d’aide inspiré du leasing social.
La trajectoire se précise. Après l’interdiction du fioul, le gaz sera interdit dans la construction neuve dès la fin 2026, a annoncé vendredi le Premier ministre. La France doit réduire sa dépendance aux énergies fossiles, et vite. En 2030, la part des énergies fossile devra avoir été ramenée de 60% à 40% dans notre mix énergétique.
Le grand gagnant, la pompe à chaleur dans le logement. Le Premier ministre reprend le vœu présidentiel formulé trois ans plus tôt, il en veut un million par an dès 2030, essentiellement made in France ou Europe. Le gouvernement veut faire « du chauffage électrique la norme». Quatre millions de PAC en France aujourd’hui, leur part doit plus que doubler dans les quatre prochaines années. Dans le parc privé comme dans le social, puisque Sébastien Lecornu a également annoncé que le nombre de logements chauffés au gaz devrait diminuer de deux millions d’ici à 2050.
Le pari du leasing social pour démocratiser la PAC
Selon l’exécutif, cette électrification dans le logement sera « accélérée, organisée et financée, avec un objectif social clairement assumé : protéger d’abord les ménages les plus exposés à la hausse des prix de l’énergie». Et pour soutenir l’effort des ménages, Sébastien Lecornu a évoqué le doublement du soutien public à l’électrification d’ici à 2030 passant de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros.
L’objectif : proposer une solution « simple, mensualisée et financée », selon les premiers éléments avancés par l’exécutif. L’acquisition et l’installation des pompes à chaleur continueront de s’appuyer sur les dispositifs existants — MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE) — mais avec des niveaux d’aide renforcés et articulés avec d’un nouveau mécanisme de leasing social, directement inspiré de ce qui se fait déjà pour l’achat d’un véhicule électrique.
Le modèle repose sur une promesse forte : limiter, voire neutraliser, l’impact financier pour les ménages. Interrogée, Maud Brégeon, la ministre déléguée à l’énergie et porte-parole du gouvernement assure que le coût de la pompe à chaleur devrait être rapidement amorti. Sur les trois premières années, l’État s’engage à ce que le cumul des mensualités et des dépenses d’énergie n’excède pas la facture actuelle d’un chauffage au gaz. « À l’issue de ces trois ans, lorsque votre pompe à chaleur sera amortie, vous ne paierez plus que le coût de l’électricité, qui sera deux fois inférieur aux factures antérieures. »