Les effets du nouveau DPE commencent à se faire ressentir sur le marché de l’immobilier

Après avoir impacté les étiquettes énergétiques depuis le 1er juillet dernier, le nouveau DPE commence à faire parler de lui sur le marché de l’immobilier. Lors de l’émission « Le Grand Rendez-Vous de l’immobilier » diffusée récemment sur radio.immo, la plateforme d’annonces immobilières Bien’Ici a communiqué sur les chiffres des passoires thermiques en vente et en location sur son site. L’occasion de mesurer les premiers effets des mesures à l’encontre des passoires énergétiques. 

Si les logements classés F ou G ne verront leurs loyers gelés qu’à partir du 25 août 2022, quelques effets ont d’ores et déjà commencé à se faire ressentir. Bien’Ici recense sur sa plateforme un nombre de ventes de logements classés F et G multiplié par deux par rapport à l’année dernière, passant « de 2 % à 4 % pour les G et de 5 % à 8 % pour les F ». Cette tendance est d’autant plus palpable dans la capitale où désormais 25% des biens en vente et en location affichent une étiquette énergétique en F et G, selon la plateforme d’annonces immobilières. Difficile de savoir cependant si de plus en plus de propriétaires de passoires thermiques font le choix de vendre leurs biens pour ne pas être contraints à rénover, ou s’il s’agit d’un effet purement mécanique du nouveau DPE dont on sait qu’il s’accompagne d’une inflation des étiquettes F et G.

Plus l’étiquette est mauvaise, moins le vendeur est contacté

Côté acquéreurs, l’étiquette semble aussi avoir davantage d’impact. Plus la note d’un bien est mauvaise, moins le vendeur est contacté. La consommation énergétique et les futures échéances réglementaires dissuaderaient donc de potentiels acquéreurs de se positionner sur un bien.

Toujours selon Bien’Ici, l’étiquette aurait aussi une incidence sur les prix des passoires énergétiques. La plateforme d’annonces immobilières remarque en effet, que le prix au m² des logements G a diminué «d’environ 25 % depuis juin 2021 ». 

Cette nouvelle enquête montre ainsi combien la performance énergétique commence à peser dans les décisions d’achat et sur la valeur des biens. Un poids de plus en plus certain à la vente, mais qui ne se vérifie pas encore sur le locatif. Le marché de la location reste pour l’instant tendu: « la pression est tellement importante que le critère DPE n’a pas énormément d’impact sur la décision de louer. La règle du « premier arrivé, premier servi » continue à s’appliquer ».

Les premiers effets du DPE peuvent encore sembler légers. Mais la proximité des échéances risque d’assoir encore l’influence du diagnostic sur le marché de l’immobilier: l’interdiction d’augmenter les loyers pour les passoires F et G arrive dès fin août 2022, les premières interdictions de location dès le 1er janvier 2023, pour les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an.

Partagez cet article

Sur le même thème

Actu-France-renov-3-questions

Pompe à chaleur : l’État accélère, le gaz recule

L’électrification à tout prix. Pour accélérer le déploiement de la pompe à chaleur dans le bâtiment, le gouvernement sort l’artillerie lourde : durcissement des règles dans le neuf, incitations dans l’ancien,

Pompe à chaleur

Pompes à chaleur : le gouvernement accélère et mise sur le leasing social

Le gouvernement confirme le cap : sortir des énergies fossiles dans le logement en misant massivement sur la pompe à chaleur. Objectif affiché par le plan électrification : un million d’installations par an d’ici 2030. Pour soutenir cet effort sans alourdir le reste à charge des ménages, l’exécutif prépare un nouveau dispositif d’aide inspiré du leasing social.